I'll remember you

Publié le par almost-friendless-too

Ce sont des limbes traversés çà et là de portions de corps monstrueuses ; des visages sans noms, des noms auxquels on est bien incapable de rattacher un visage ; des mots sans voix, contondants encore, mais tout à fait insaisissables, ou des intonations sans verbes, du sens impalpable qui continue de faire mal, parce qu’il a autrefois eu consistance… Le tronc décapité de la mémoire règne sur une cour d’école moribonde, où les lettres échangées naguère forment de petits tas de feuilles mortes, malodorantes souvent, tombées d’on ne sait quelles branches. La peinture du préau, incolore mais étrangement présente, s’écaille sensiblement, de minute en minute, cédant sous un vent d’avenir venu… de nulle part. De là où retournent les souvenirs, l’origine ou la fin, le cercle qui ne connaît ni vice ni vertu, calendrier sans but ainsi que la marelle tracée à la craie par terre. Poussière d'os. Les vastes palais de la mémoire ne sont plus que ce hangar à courants d’air, au-dessus duquel brille un bizarre soleil. Astre sans ciel, un peu doux, hagard surtout. On voudrait attraper ses rayons tristes pour ratisser toutes les feuilles.

 

 

 

Oyster

 

 

Publié dans Un titre

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