L.

Publié le par almost-friendless-too

"NO PRISONERS !"

 

Oublions la part du réel, celle du fantasme, laissons aux utopistes leurs nuages cotonneux, aux sceptiques leurs tas de boues morbides, et ne faisons pas même la synthèse de tout cela. L’Histoire, comme dans les mythes, pourrait s’apparenter à un ourlet – je n’en sais rien, je ne suis pas historien. Pas davantage qu’un rêveur ou un logicien – les songes comme les mathématiques, ces choses-là, je crois, m’échappent. Je veux, c’est tout de même une toute autre affaire que je crois ou je ne crois pas, encore que le je ne crois pas me paraisse en toutes circonstances un tantinet plus objectif, parce que nécessairement plus lucide voire misérabiliste et j’aime ça.

Disons qu’à mon je veux que j’aime, travers de la volonté obliges, j’infuserai autant de lucidité et de misérabilisme que possible.

Comme Lawrence mon je veux sera par nature puissamment masochiste.

(Comprenne qui pourra, n’est-ce pas ?)

 

On ne construit pas, on ne détruit rien, on avance ou on recule dans un univers sans directions sans fin(s) – Quand les immenses nuits vides envahissent les jours, cela signifie que le champ de tous les possibles le cède au désert – ne dit-on pas des engelures qu’elles brûlent ? –, que le dit champ n’était en somme qu’une tabula rasa à l’envers, une fin retournée (voilà l’ourlet dont probablement je parlais). Linceul, langes, tout commence et se termine fixement par un mystérieux mirage vaseux dans son écrin blanc. Oui, le blanc, l’inverse absolu du noir – je le sais j’y étais. J’ai envie d’imploser en même temps que ces fichus archets m’enlèvent –

 

 

Le réel n’est rien que le versant concret de la légende et de l’abstrait, comme le fantôme est le négatif de l’être et l’homme la version tendancieusement vulgarisée de ce qui lui est plus vaste – j’écris en mode confusément abstrait parce que sinon je suis obligé de vous ressortir ce texte que j’écrivais quand j’étais enfant et qui en substance (le mot est d’importance) disait ce qui me dépasse

 

Je veux

(Entre deux feux)

 

Lawrence-Knife.jpg

  (Un temps)

-          Voir le Désert avec Toi [« C’est propre »]

-          Des litres de sable dans les souliers

-          Sauver ce type pour le tuer après

-          Caresser un dromadaire entre les oreilles

-          Flamber

-          Me faire fouetter dans une geôle turque

-          Boire la dune

-          Massacrer un grand nombre de gens

-          De beaux vêtements

-          Les miens m’aiment les autres je les maudis

-          Massacrer des gens encore un peu

-          Me faire fouetter et pas qu'un peu

-          Cracher ce livre illisible [« Rien n’est écrit »]

-          Le sang noir sur le sable blanc, mousseux

-          Mourir mais libre, je ne peux pas mais je veux.


 


 


Publié dans L'humeur aqueuse

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