Pourquoi ?

Publié le par almost-friendless-too

Voir les gens à la fenêtre la nuit. L’immeuble d’en face, semblable à un cimetière vertical, s’anime curieusement aux heures perdues. Le bon peuple qui se couche tard ou s’est levé sacrément tôt,  dont on se demande ce qu’il peut bien fabriquer derrière les rideaux… Chaque lucarne abrite un squelette, une prostituée maternant l’orphelin, une muse dressant son poète, un atelier clandestin. Il écrivent, grattent, peignent et font la vaisselle de la veille. Chacun, entre les mailles de son clapier, observe l’autre à la dérobée, s’interroge dans les mêmes termes que le voisin – sans le savoir. L’un d’eux, un soir, cédant au brusque élan de sociabilité qui le taraudait finit par franchir le pas et enjambe la rambarde – il balance tout, le pauvre diable.

« Un jour », écrivait le philosophe, « le pourquoi s’élève ».

La réponse luit d’os et d’étoiles sur le trottoir. 

 

Blindboy

 

 

Publié dans L'humeur aqueuse

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almost-friendless-too 14/06/2011 02:20


Oui Aléna, on égare parfois trop facilement cette philosophique faculté d'émerveillement...
(Le même lourmarinois penseur écrivait : "Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit"... C'est basique mais tout est dit.)


Aléna 13/06/2011 10:12


très aqueuse l'humeur... tout de même... parfois les pourquoi sont heureux (émerveillés)... :)